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Petites Ignorances de la Conversation

Monter sur ses grands chevaux

Prendre un parti vigoureux, menacer, se mettre en colère ; montrer de la hauteur, de la sévérité dans ses paroles.

« Ma colère à présent est en état d'agir ;
   Dessus ses grands chevaux est monté mon courage. »
             (Molière.)

Dans les beaux temps de la chevalerie, on distinguait deux espèces de chevaux : le palefroi et le destrier.

Le palefroi (des trois mots par le frein, car il était toujours, dans les cérémonies, conduit par des écuyers) était le cheval de service, ordinaire et le cheval de parade. Léger, gracieux et d'une allure aisée, il figurait richement caparaçonné dans les solennités publiques. C'est sur le palefroi que les rois et les seigneurs faisaient leur entrée triomphale dans les villes ; c'est aussi le palefroi que montaient les châtelaines.

Le destrier (que les écuyers conduisaient à leur droite ou dextre, ad dexteram) était le cheval de main ou de bataille ; il était grand et fort. Spécialement propre aux hommes d'armes, on l'appelait aussi cheval de lance.

De ses guerriers à l'éclatante armure
Le roi des preux s'avance environné.
Éblouissant de pourpre et de dorure,
Un destrier, à la haute encolure,
Parmi la foule en pompe est amené :
C'est Fulgurin. Son pied frappe la poudre;
Son flanc jamais n'a senti l'aiguillon ;
Fier de son maître, il vole, et de la foudre
A la vitesse et le choc et le nom.
(Millevoie, Charlemagne à Pavie.)

Ainsi les grands chevaux étaient les chevaux de guerre, ceux qu'on montait, quand l'ennemi paraissait, pour défendre ses droits ou venger une injure. Quand les chevaliers quittaient le palefroi pour le destrier, ils montaient sur leurs grands chevaux.

C'est de là, aussi, que nous est venu l'expression cheval de bataille, pour désigner la chose sur laquelle on s'appuie le plus fortement.