Au hasard des registres de
Saint-Vincent-Bragny (71)

     N'allez pas croire qu'avant, dans le temps, de celui de nos ancêtres, la chronologie était chose admise et l'ordre normal des choses est d'aller de A vers Z et de un vers mille. Quelques esprits rebelles semblaient adeptes de l'anachronisme. Au diable (si j'ose dire) la belle logique de la successions des mois et des saisons, des années et des cycles liturgiques ou non. Le brave curé de Saint-Vincent, l'abbé Seurre, tenait apparemment son registre des baptêmes de curieuse façon !
On trouve sur cette double page successivement les actes de naissance des années 1640, puis 1638, 1639, puis, page suivante 1640, 1642 pour revenir à 1641 et terminer en 1642 !

       En voici l'illustration (un clic sur l'image vous l'affiche en grand) :

Bragny en Charollais

     L'explication ne serait-elle pas dans le fruit d'une recopie à la hâte d'un original à remettre à l'archevêché ? L'écriture est régulière au fil des « années », de calligraphie agréable et constante ; à tel point qu'il est possible d'imaginer que M. le Curé ait demandé au maistre des escholles ou à quelque clerc lettré, de bien vouloir assurer la recopie de l'original. Et, ce dernier devait être sous la forme de feuilles éparses, empilées selon les effets du dernier courant d'air. Ce n'est là que mon point de vue... Tout autre est acceptable.

     Nota : Le « code Louis » n'ayant pas encore été établi car on ne trouve ici que les dates et noms des baptisés, sans mention ni signature des témoins. En effet Louis XIV promulgue en 1667 l'Ordonnance de Saint Germain en Laye qui impose la tenue des registres paroissiaux en double (article 8), à la suite, et sans blanc pour éviter les fraudes et pouvoir pallier la destruction d'un dossier. Il rend également obligatoire la signature des parrain et marraine (article 10) pour les baptêmes, des conjoints et des témoins pour les mariages et de deux des parents pour les sépultures.

Code Louis