Précautions
à prendre au début des maladies ![]()
Soins à donner aux noyés
Soins à donner en cas d'asphyxie ![]()
Soins à donner aux femmes enceintes
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Précautions et traitemens
contre le choléra et les épidémies
Soins et traitement en cas d'empoisonnement ![]()
Tableau des poisons et contre-poisons
Empoisonnement par les champignons
Soins et précautions contre la rage et les morsures
de serpens, etc ![]()
Précautions à prendre au début des maladies.
Dès qu’on éprouve une légère indisposition, les atteintes d’une maladie, ou qu’on ressent des attaques de la fièvre, il faut garder le repos, se mettre à la diète, c'est-à-dire ne rien manger, boire une tisane rafraîchissante et délayante, telle que de la limonade ou de l'eau d'orge ou de gomme sucrée ou miellée, et joindre à ce traitement simple des lavemens d'eau tiède.
Ces moyens simples suffisent la plupart du temps pour guérir les indispositions légères, et souvent pour prévenir et faire avorter des maladies graves.
Soins à donner aux noyés.
On doit porter des secours aux noyés, tant que la rigidité cadavérique n'est pas survenue. A cet effet, on commence par soustraire l'individu au froid si la saison est rigoureuse, et, quelle que soit la saison, on doit transporter immédiatement le noyé dans le lieu où les secours peuvent lui être prodigués.
On le déshabille, on l'essuie, on le pose sur un plan légèrement incliné, la tète en bas, et on le place sur le côté, afin de faciliter la sortie des liquides ou des matières qui pourraient être contenues dans la bouche ou dans le gosier. On exerce immédiatement des pressions sur la poitrine et sur le ventre, on fait en même temps des frictions sur la partie interne des membres avec de la laine, ou même avec la main. On excite la luette, les fosses nasales, la plante des pieds. On imprime même quelques secousses à la poitrine et on prolonge pendant quelque temps l'emploi de ces moyens. S'ils ce réussissent pas, on pratique l'insufflation et l'aspiration pulmonaire, c'est-à-dire que, posant la bouche sur celle du noyé et en chassant l'air dans sa poitrine, on cherche à rétablir chez lui le jeu de son poumon. On peut se servir aussi, dans ce but, d'une sonde en gomme élastique qu'on introduit dans l'estomac et à l'aide de laquelle on pousse l'air dans l'estomac de l'asphyxié ; mais, dans tous les cas, il faut ne pousser l'air qu'avec lenteur et précaution, de peur d'accidens graves.
On essaiera aussi l'usage des lavemens de fumée de tabac qui réussissent souvent. Ces moyens doivent être continués pendant 3, 4 ou 6 heures, à moins toutefois que la rigidité cadavérique ne soit survenue.
Si l'on est assez heureux pour rapeler le noyé à la vie et que des phénomènes d'excitation surviennent, tel que les convulsions, la fièvre, le délire, on lui pratique une saignée. Lorsque la chaleur revient graduellement, on le place dans un lit chaud, on lui fait prendre quelques potions antispasmodiques, telles que des infusions de tilleul, de feuilles d'oranger, mêlées de quelques gouttes d'éther ou de sirop diacode, ou de liqueur d'Hoffmann, souvent même quelques liqueurs spiritueuses, mais toujours avec beaucoup de modération et en ayant égard à l'état du cerveau.
Soins à donner en cas d'asphyxie.
L'asphyxie ou la suspension des phénomènes de la respiration, peut avoir lieu de plusieurs manières :
1° par le défaut d'air respirable occasioné par la séjour dans une atmosphère très-légère, l'introduction de corps étrangers dans les voies de la respiration, la présence de mucosités chez les nouveaux-nés, la compression de la trachée (le conduit du gosier), le gonflement de l'arrière-bouche, la respiration d'un air non renouvelé ou d'un air impropre à la respiration (gaz hydrogène, azote, etc.) On doit dans ce cas enlever tout ce qui l'oppose à l'introduction de l'air, retirer les mucosités de la bouche du nouveau-né à l'aide d'une barbe de plume, ou introduire une sonde dans l'arrière-bouche, et enfin appeler sans retard un chirurgien si la suffocation parait imminente.
On excite ensuite les organes respiratoires en approchant l'individu d'un foyer ardent ; on pratique des frictions sèches, ammoniacales et alcooliques sur différentes parties du corps ; on use de sternutatoires, de lavemens de décoction de tabac ; on insuffle de l'air dans les poumons ; enfin on introduit différens excitans dans la bouche dès que le malade peut avaler.
2° L'asphyxie par strangulation est occasionée quand un lien fortement serré autour du cou on une compression exercée sur cette partie s'est opposée pendant un certain temps a la respiration. On doit dans ce cas faire cesser très-promptement les causes qui déterminaient la compression du cou, et pratiquer tout ce qui a été recommandé précédemment.
La présence d'un médecin sera la plupart du temps nécessaire.
3° Asphyxie par la respiration d'un gaz (espèce d'air) impropre à l'entretien de la vie. Les gaz qui se dégagent des cimetières, des prisons, des mines, des marais, des puits, des substances végétales et animales en putréfaction, de certaines fosses d'aisance, puisards, eaux ménagères croupies, etc., ainsi que du charbon ou de la braise en brûlant, et des cuves où fermente le vin, le cidre ou la bière, sont impropres à la respiration et produisent l'asphyxie. Dans ce cas, on éloigne promptement le malade du lieu infecté, on l'exposa au grand air et on lui fait avaler de l'eau vinaigrée.
On y ajoute l'usage des lavemens vinaigrés ou irritans, tels que ceux de tabac, de feuilles de séné, etc. On fait des aspersions d'eau froide sur la peau, des frictions sèches et ammoniacales ; on irrite l'odorat par des odeurs fortes, on insuffle de l'air dans les poumons.
Soins à donner aux femmes enceintes.
Une femme enceinte, dès les premiers temps de sa grossesse, doit, pour éviter des accidens funestes, relâcher son corset et tous les vêtemens qui lui serrent le corps ; elle se tiendra dans un état constant de propreté par des bains tièdes qui ne soient pas cependant trop répétés, adoptera un régime doux et nourrissant, et se livrera avec modération toutefois à l'exercice, à quelques travaux mécaniques et intellectuels, à des distractions, en évitant avec soin tout ce qui pourrait émouvoir trop vivement sa sensibilité.
Arrivés à l'époque des couches, elle attendra avec confiance et intérêt le moment de la délivrance, en observant avec plus de rigueur encore les règles ci-dessus prescrites. Ce phénomène s'étant accompli par les soins d'un accoucheur aussi instruit que possible, l'accouchée gardera le lit 8 à 15 jours selon son état et sa constitution, observera une diète sévère, et prendra quelques tasses d'infusion légère de fleurs de tilleul jusqu'au 5e jour, époque à laquelle cesse la fièvre de lait ; elle refusera surtout le vin et les liqueurs spiritueuses dont on abreuve quelquefois les accouchées.
Si elle allaite son enfant, on pourra être moins sévère sur la nourriture, et dès la 3° ou 4° jour on pourra permettre une soupe végétale légère. On couvrira modérément l'accouchée, de manière seulement à ce qu'elle ne prenne pas froid, et ou se gardera bien d'appliquer des matières graisseuses ou autres topiques sur les seins dans l'intention de faire passer le lait. On peut soutenir légèrement le ventre de l'accouchée avec une serviette, mais c'est une habitude funeste que de la serrer fortement.
On éloignera d'elle tout ce qui pourrait exalter sa sensibilité, ainsi que les odeurs, et on renouvelera de temps en temps l'air de son appartement ; enfin ou la tiendra toujours avec propreté, et on éloignera d'elle les importuns et les personnes étrangères qui la fatigueraient de leurs caquets.
Précautions et traitemens contre le choléra et les épidémies.
Pour éviter autant que possible d'être atteint du choléra dans les pays où il a fait irruption, il faut se tenir le corps chaud, surtout le ventre et les pieds, éviter les fatigues, les refroidissemens subits, surtout les excès dans le boire et le manger, s'abstenir de liqueurs fortes, éviter de se livrer à des travaux un peu rudes par un soleil ardent, d'avaler des boissons froides, ou de s'exposer à un air froid, ou de se coucher sur un terrain humide quand on a chaud, veiller à la propreté de son logement, de ses meubles, de ses vêtemens, et renouveler fréquemment l'air des appartemens.
Très-souvent l'invasion du choléra est précédée de quelques jours de diarrhée ou dévoiement qu'il importe d'arrêter promptement. Dans ce cas, il faut, outre l'observation rigoureuse des mesures ci-dessus pour l'éviter,
. appliquer fréquemment sur tout la corps et surtout sur le ventre des linges ou étoffes chauds en plusieurs doubles,
. prendre toutes les précautions quand on va à la selle ou qu'on se déshabille pour que le froid ne frappe pas le ventre,
. appliquer une large ceinture en laine sur le ventre, s'abstenir pendant 16 à 24 heures de tout aliment, et lorsqu'on s'y remettra, ne prendre qu'une petits soupe ou panade ou bien un œuf à la coque, boire toutes les demi-heures une tasse chaude et sucrée de thé léger, ou d'une infusion de lierre terrestre, de fleurs de violettes, de mauve ou de tilleul ;
. prendre matin et soir un tiers de lavement dans lequel on aura fait bouillir une petite cuillerée de fleur de farine de froment, avec 3 têtes de fleurs de camomille ou bien de pavot ou de fleurs de coquelicot ;
. enfin, s'il y a persistance, recourir aux lumières d'un médecin.
Soins et traitement en cas d'empoisonnement.
En cas d'empoisonnement il y a deux indications à remplir :
1e procurer l'évacuation du poison par les vomissemens ou par les selles ;
2e introduire dans l'estomac une substance capable de neutraliser son effet. Déterminer l'évacuation
du poison étant la 1re indication à remplir, il faut, si des vomissemens existent déjà, les favoriser en faisant
boire au malade une grande quantité d'eau tiède ; et provoquer les vomissemens s'ils n'existent pas, par
le même moyen, en y joignant quelques grains d'émétique, et en titillant eu même temps la luette avec les barbes
d'une plume ou du papier. Plus la quantité de liquide introduite dans l'estomac est grande et plus le vomissement
est facile.
Après l'expulsion de la matière vénéneuse, on fait prendre au malade un contre-poison, si l'on n'avait pas cru
déjà devoir l'introduire dans le liquide propre à évacuer le poison, En effet, toutes les fois que les 2 indications
pensent être accomplies ensemble, il faut le préférer. Dans l'empoisonnement par les acides, les alcalis, le sublimé
corrosif, l'eau de javelle, etc., on combat l'inflammation de la bouche et de l'estomac par des saignées, en ménageant
toutefois les forces du malade : seulement pendant les 48 premières heures, on y joint une tisane mucilagineuse
de graine de lin, de fleurs de mauves, de lait coupé d'eau, on de banc d'œuf délayé dans l'eau froide ; et
lorsque les premiers accidens sont passés et que l'on peut espérer la guérison, il ne faut commencer à donner
des alimens qu'avec la plus grande réserve. En général le lait est l'alimens qu'on digère le mieux.
Dans les empoisonnemens par l'opium ou les substances âcres et irritantes, contre lesquelles il n'y a pas souvent de contrepoison, on fait vomir par l'émétique, l'ipécacuanba, ou le vitriol bleu, et souvent on procure des évacuations alvines avec le calomel de jalep, l'huile de ricin, et quelquefois on pratique une saignée. Ces indications remplies, l'expérience démontre que la décoction de café à haute dose, et l'eau vinaigrée ou acidulée avec du suc de citron, de la crème de tartre, sont des boissons qui dissipent promptement les symptômes.
Dans tous les cas, en même temps qu'on s'empresse de donner les premiers secours au malade, on fait appeler un homme de l'art qui peut seul diriger le traitement qui convient au malade.
Tableau des poisons et contre-poisons.
| POISONS. | CONTRE-POISONS. |
|---|---|
| ACIDES : nitrique, eau forte, eau seconde ; acide sulfurique ou huile de vitriol ; acide muriatique ou hydrochloriqne ; ou tout autre acide. |
Magnésie calcinée ou non calcinée, eau de savon, eau albumineuse, lait. |
| ALCALIS : potasse ; soude ; ammoniaque ; chaux et carbonates de ces bases. |
Eau vinaigrée ou acidulée par les acides non vénéneux. |
| ALCALIS VÉGÉTAUX et leurs sels. | Décoction de noix de galle étendue d'eau, décoction de quinquina. |
| OXIDE D'ARSENIC, | Eaux minérales sulfureuses, eau de chaux. |
| SELS d'étain solubles | Lait, décoction de noix de galle bicarbonate de soude. |
| SELS d'antimoine ; émétique. | Décoction de quinquina ou de noix de galle ; eaux minérales sulfureuses naturelles. |
| SELS de plomb : extrait de saturne. | Sulfates de potasse, soude ou magnésie, eau de Sedlitz, eaux de puits ou de source chargées de sulfate ou carbonate de chaux, eau albumineuse, lait, gluten. |
| SELS de cuivre ; vert-de-gris, etc. | Eau albumineuse, gluten délayé dans du savon noir, lait, décoction de noix de galle. |
| SELS de mercure ; sublimé corrosif. | Id., décoction de quinquina. |
| SELS d'argent ; pierre infernale. | Sel commun en dissolution concentrée. |
| CHLORE liquide ; eau de javelle ; dissolution de chlorure de chaux. |
Eau albumineuse ( 6 ou 8 blancs d'œufs dans une pinte d'eau). |
Empoisonnement par les champignons.
Évacuer les champignons en administrant au malade une dissolution assez concentrée d'émétique, par cuillerées seulement, et jusqu'aux vomissemens qu'on favorisera avec de l'eau tiède ; faire prendre au malade des lavemens laxatifs ou purgatifs, saigner si c'est nécessaire, et administrer de l'eau vinaigrée et du jus de citron. L'éther, à la dose d'un gros à une once, ou le sirop d'éther à forte dose, a encore plus d'efficacité que l'eau vinaigrée pour neutraliser le poison.
Soins et précautions contre la rage et les morsures de serpens, etc.
La rage on hydrophobie communiquée est une maladie terrible produite par la morsure d'un animal enragé. La contagion se propage par l'intermédiaire de la salive de l'animal portée dans une partie blesse ou excoriée de la peau.
Une fois reçu, le poison reste 30 ou 40 jours, quelquefois moins, et se manifeste enfin par les symptômes suivans : sentiment d'ardeur à la gorge, soif très - vive et horreur des liquides, salive écumeuse, regard farouche, fureur, agitation continuelle, respiration gênée, envies de mordre et convulsions. Ces symptômes effrayans et qui se développent avec plus ou moins d'intensité, durent trois à quatre jours, au bout desquels le malade succombe dans un accès convulsif.
Toute personne qui a été mordue par un chien enragé, ou même par un animal soupçonné tel, doit aussitôt après pratiquer de fortes ligatures au-dessus et au-dessous de l'endroit mordu, presser assez vivement la blessure entre tes doigts, et en exprimer autant de sang que possible.
Cela fait, on cautérisera la blessure avec un fer rougi au feu, en ayant soin d'atteindre profondément toutes les parties qui auront reçu la moindre impression du virus de la rage. Cette cautérisation doit être faite au plus tard dans les 36 heures. Si on n'avait pas de fer rouge sous la main, on peut employer pour cette cautérisation le beurre d'antimoine liquide, la potasse caustique ou l'acide nitrique. Il est convenable d'entretenir l'irritation de la plaie en la recouvrant d'un vésicatoire qu'on fait suppurer long-temps (4 à 6 mois).
A ce traitement, il est prudent d'ajouter des frictions mercurielles (30 grammes ou 8 gros d'onguent mercuriel double en friction pour trois jours) et les antispasmodiques, tels que le camphre, l'éther, l'opium, le musc, etc.
Lorsqu'on peut en user très-promptement, l'ammoniaque liquide et autres alcalis, l'eau de Cologne et même l'eau salée, suffisent souvent pour neutraliser l'effet des venins, surtout ceux des serpens venimeux. Ils suffisent en tout cas contre la piqûre des insectes tels que guêpes, abeilles, etc.
Tous les autres remèdes qu'on préconise sont sans effet.
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Mis à jour le 3 août 2006