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Notions d'Hygiène.

- Des habitations - Des vêtemens. - Des alimens et boissons. - 
- Sociétés de tempérance. - Hygiène de l'enfance, sevrage. - 
- Hygiène des ouvriers, des cultivateurs. - 

 

L'hygiène est la science qui enseigne les précautions à prendre dans les diverses situations de la vie, pour conserver sa santé. Ces précautions sont principalement relatives au logement, aux vêtemens, à la nourriture et aux professions.

Des habitations.

Il serait important que l'emplacement des maisons fût déterminé par des considérations de salubrité ; mais cela est impossible. Quelquefois le hasard, souvent des intérêts généraux ou individuels, ont donné lieu à la situation des villes, des villages et des habitations particulières. Il serait à désirer qu'elles fussent placées sur des lieux élevés ; l'air y serait plus vif et plus sec, il s'y renouvellerait plus facilement, et les émanations marécageuses se dissiperaient avec promptitude. Il souviendrait aussi que les rues et les maisons soient orientées de façon à offrir un libre accès à l'air et aux rayons solaires. Mais ce que nous devons notamment recommander, comme d'une plus facile exécution, c'est :

1e De multiplier les fenêtres dans toutes les habitations, de manière à y laisser pénétrer l'air lorsqu'il est sain et sec, et la lumière en tout temps. On ne comprend pas pourquoi la plupart des habitations rustiques n'ont d'autres ouvertures qu'une croisée presque imperceptible et une porte qui par conséquent doit toujours demeurer ouverte au grand détriment de la salubrité des lieux.

2e De donner aux maisons un niveau plus élevé que celui des rues, cours ou jardins environnans, et d'en former le sol de matériaux secs, recouverts de carreaux, de dalles, de pavés et mieux de planches.

3e De ne pas faire communiquer les étables avec les chambres où couchent les habitans, ni placer trop près des ouvertures les trous à fumiers dont les exhalaisons sont toujours malsaines.

Des vêtemens.

Le choix des vêtemens dépend beaucoup de l'habitude. Ceux de lin ou de chanvre sont doux sur la peau, et doivent être exclusivement employés pour recouvrir les parties enflammées et pour faire de la charpie ; mais ils s'imprègnent facilement de sueur, la retiennent, et font alors éprouver une sensation de froid qui devient nuisible lorsqu'on ne peut pas en changer avant ce refroidissement. Les étoffes de coton conviennent pour les saisons et les climats froids, par la faculté qu'elles ont de concentrer la chaleur et de déterminer une légère irritation à la peau. La laine possède ces qualités à un haut degré, et de plus favorise la transpiration qu'elle laisse échapper sous forme de vapeur et sans la condenser ; au reste, portée sur la peau, elle peut avoir des inconvéniens par l'excitation trop grande qu'elle lui cause ; elle convient en général aux personnes grasses, à celles dont les organes sont frappée d'atonie, qui mènent une vie sédentaire, aux convalescens et aux personnes faibles, chez lesquelles il faut donner du ton aux organes et empêcher la chaleur de se perdre. En tous cas, ces vêtemens sont d'autant plus avantageux que la saison ou le climat sont plus froids ou plus humides.

Il est très-dangereux de porter des vêtemens trop serrés, et de découvrir complétement certaines parties du corps soit au soleil, soit au vent, ce qui peut occasioner des coups de soleil ou des transpirations arrêtées. Lorsqu'on travaille au dehors, la tête doit être couverte d'une coiffure ample et légère ; les mouvemens du corps et les pieds doivent être libres dans les vêtemens et les chaussures.

La propreté du corps et des habitations est une des premières conditions du maintien de la santé. Il est inexcusable de la part des habitans de la campagne de ne pas se baigner, lorsque la saison le permet, dans une eau limpide et courante, et, quand il fait froid, de ne pas se laver tout le corps de temps en temps, le visage et les mains chaque jour.

Des alimens et boissons.

L'abus des liqueurs fermentées, des assaisonnemens, l'usage pernicieux quoique généralement répandu, de boire, après un potage chaud, un verre de vin, ou pendant qu'on fume, sont autant d'habitudes que doit fuir celui qui est jaloux de conserver ses dents. L'usage de la pipe noircit et use également les dents. L'habitude de chiquer, de même que celle de la pipe, a le grave inconvénient d'exciter la sécrétion des glandes salivaires, hors le temps de la mastication ; de les rendre moins sensibles à l'action des alimens, d'amaigrir le malade par l'épuisement qu'entraîne après soi une perte de substance quelquefois considérable, et d'amener des irritations pulmonaires et gastriques dangereuses.

On ne peut proscrire ni recommander directement aucune sorte d'aliment, ni de boisson ; leur usage modéré les rend seuls bienfaisans, et si les aliment sont pris en quantité modérée, ils font éprouver un sentiment de bien-être général ; si au contraire, flattés par la variété et le goût des mets, nous poussons l'ingestion des alimens au-delà de nos besoins, l'estomac refoule les poumons et rend la respiration pénible ; les muscles sont dans un état d'affaissement général, et le cerveau éprouve une espèce d'engourdissement ; la digestion, pour s'opérer, exige de la part de l'estomac le déploiement d'une énergie considérable ; et, malgré tous ses efforts, il ne laisse pénétrer dans les intestins qu'un chyle mal élaboré, peu réparateur et irritant. Si nous nous livrons habituellement à cette intempérance, les selles deviennent abondantes et sans cohésion, l'individu maigrit, et finit par succomber à une affection désorganisatrice des organes digestifs. Pris en trop petite quantité, l'homme éprouve de la faiblesse et de l'épuisement ; le trop ou le trop peu amène les mêmes désordres.

L'alimentation doit être constamment en rapport direct avec les pertes éprouvées par l'organisation ; ainsi celui qui mène une vie active devra consommer davantage que l'homme dont les occupations sédentaires l'obligent à peu de mouvemens. Il faut donner à l'estomac des alimens lorsque le besoin te fait ressentir, et cesser de manger  ; aussitôt que le sentiment de la faim est apaisé.

 

L'eau est le dissolvant et la boisson par excellence ; quelques liqueurs fermentées de bonne qualité, notamment le vin, le cidre, la bière, prises modérément, sont aussi des boissons très-bienfaisantes. Quant à l'eau-de-vie et aux liqueurs, elles sont eu général toniques, mais leur usage est pernicieux, surtout prises à jeun : on doit en proscrire l'usage. L'effet de toutes les boissons alcooliques est le même ; elles produisent l'ivresse, et anéantissent momentanément le plus bel attribut de l'homme, la raison. On ne doit attendre aucun sentiment généreux d'un ivrogne ; toutes ses facultés sont abruties ; il est sujet à des tremblemens, à des indispositions plus ou moins graves ; enfin une mort prématurée vient lui enlever le dernier souffle d'une vie usée par les excès.

L'eau et les boissons fermentées sont nuisibles hors des repas, surtout pendant les grandes chaleurs, et l'on ne saurait trop recommander aux ouvriers et aux moissonneurs d'user dans ce cas des boissons acidulées, désignées sont le nom de piquettes, ou mieux d'un mélange d'eau, d'ean-de-vie ou de mélasse ou sucre, dans la proportion d'une cuillerée d'eau-de-vie et une cuillerée de mélasse par litre d'eau.

Sociétés de tempérance.

Les États-Unis ont donné depuis quelques années l'exemple d'une réforme bien importante dans l'abus des liqueurs fortes, devenues l'une des plus impérieuses nécessités de la vie dans toute l'étendue de l'Union : les choses en étaient venues au point, qu'avant 1828,72 millions de gallons (2,592,000 hectolitres ) de liqueurs spiritueuses suffisaient à peine par année à une population de 12 millions d'âmes.

La Société américaine de tempérance, qui s'est formée en 1826, après avoir prouvé que plus de 40,000 personnes, mouraient annuellement, dans les états de l'Union, par suite de l'abus de liqueurs fortes, et que cet abus détruisait en outre une somme énorme de valeurs capitales qui pourraient recevoir une destination plus avantageuse, a poursuivi avec activité le but qu'elle s'était proposé, en dirigeant partout des agens pour éclairer la population sur ses funestes habitudes. Cette honorable institution obtient de jour en jour plus de succès ; et, au mois d'août 1830, il y avait déjà plus de 1,600 Sociétés fondées sur les mêmes principes dans les divers états, et qui comptaient au moins 160,000 membres.

Ces Sociétés ont été formées par des fermiers, des ouvriers, des femmes, des enfans en apprentissage, des hommes de couleur, des matelots, etc. Il en est résulté qu'un grand nombre de distillateurs et de débitans de liqueurs fortes ont été contraints de cesser leur commerce, que la consommation de ces liqueurs a diminué de plus de 60 p. %, ce qui produit par année une économie de 2,000,000 de dollars (10,840,000 f.), et qu'enfin plus de 700 personnes adonnées avec excès à la boisson ont en moins de trois années abandonné cette honteuse pratique, avec une amélioration notable dans leur état moral et physique. Des Sociétés de ce genre se tout également fondées en Irlande et en Écosse, et y ont obtenu le même succès.

Hygiène de l'enfance, sevrage.

Dans l'enfance, les fonctions qui jouissent de plus d'activité, et qui, par conséquent sont plus susceptibles d'être troublées, sont celles des organes digestifs et de la tête : aussi est-ce à cet âge qu'on rencontre une très-grande quantité de maladies inflammatoires de ces organes. L’accroissement du corps étant la principale fonction de l'enfant, il ne faut pas s'étonner qu'il en soit ainsi, et le travail de la dentition explique comment le cerveau devient si souvent le siège de fluxions et de maladies nombreuses souvent très-dangereuses, il convient donc de tenir un compte rigoureux de ces dispositions, et d'en contre-balancer les effets par le soin qu'on apportera dans le choix des alimens, et à soustraire le cerveau à toutes les causes générales d'excitation.

L'enfant doit être présenté au sein de la mère quelques heures après sa naissance ; on ne doit pas attendre, comme on le dit communément, que la fièvre de lait se déclare. Le premier lait est séreux et légèrement laxatif ; il fait rendre à l'enfant le meconium, et remplace avantageusement les purgatifs que l'on mettait autrefois en usage. L'enfant sera présenté au sein de la mère à plusieurs reprises dans le jour, mais on devra l'habituer de suite à ne point têter à toute heure de la nuit. Aussitôt que l'enfant aura cessé de têter, dans les premières semaines de la vie, on lui fera prendre un peu d'eau sucrée tiède, pour faciliter la digestion du lait.

L'époque du sevrage est indiquée par l'apparition des dents ; c'est ordinairement à la fin de la première année qu'on peut cesser l'allaitement ; cependant il ne peut y avoir aucune règle fixe à établir sur ce point. Lorsque la mère veut sevrer, dans son intérêt et dans celui de l'enfant, on ne doit pas interrompre l'allaitement d'une manière brusque. Chaque jour elle doit ajouter une nouvelle quantité d'aliment au lait qu'elle donne. Alors, les organes digestifs de l'enfant s'accoutument à une nourriture nouvelle et plus substantielle, et la sécrétion laiteuse étant moins sollicitée chez la mère, diminue progressivement. La mauvaise habitude dans laquelle on est de sevrer trop brusquement occasione à l'enfant des indigestions, des vomissemens, du dévoiement ; même l'inobservance des préceptes que nous indiquons, a souvent conduit au tombeau une foule d'enfans.

Lorsque la mère cherche à sevrer, on devra lui faire prendre plus d'exercice que pendant le temps de l'allaitement, diminuer la quantité des alimens, et les choisir parmi ceux qui sont peu substantiels ; ces moyens suffisent ordinairement. Si cependant la pléthore était considérable, il faudrait recourir à une évacuation sanguine.

Hygiène des ouvriers, des cultivateurs.

De toutes les conditions dans lesquelles l'homme se trouve placé, il n'en est point qui modifie plus puissamment son organisation que la profession à laquelle son existence est attachée. Il est des habitudes qui ne reconnaissent d'autre origine que la profession que nous exerçons ; et souvent de ces habitudes découlent une foule de maladies ignorées de ceux qui exercent une autre profession.
Le travail est la loi commune à tous les hommes ; il ne peut donc qu'être utile à la santé de celui qui ne souffre pas, parce qu'il développe son énergie ; mais il peut, devenir nuisible lorsqu'il est dirigé dans une voie qui ne convient pas à la force ou au tempérament. Les règles de conduite doivent donc varier selon les différentes occupations de l'homme : autres elles seront pour les cultivateurs et les ouvriers habitués à un grand exercice, à des travaux durs qui les tiennent continuellement debout et sa grand air ; antres pour les artisans qui sont continuellement renfermés dans des ateliers, qui travaillent assis et n'exercent que quelques-uns de leurs membres  ; autres encore pour les hommes de cabinet dont le travail d'esprit est la principale occupation, et qui par conséquent donne très-peu d'activité à leur corps.

 

Disons, d'une manière générale, qu'il est toujours avantageux, dans le repos ou les distractions qu'on prend, d'exercer les facultés qui sont la plus privées d'activité dans nos occupations habituelles, de manière à rétablir autant que possible l'équilibre entre toutes nos facultés.

 

 

 

 

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Mis à jour le 3 août 2006

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